Comprendre le recours aux médecines parallèles – comportements – savoirs – politiques

Description :

A travers plus d’une cinquantaine de contributions de natures variées, ce livre rend compte d’une évolution intéressante qui se fait sentir depuis peu sur la question des médecines dites parallèles. Après une période d’intenses polémiques, en effet, nombre de personnes –tant parmi les soignants que parmi les soignés- aspirent aujourd’hui à une réflexion élargie et dépouillée de préjugés. Il ne s’agit plus, ou plus seulement, de proclamer haut et fort pourquoi l’on est « pour » ou « contre », séduit ou méfiant.Il ne s’agit plus de réduire le débat à une joute, souvent circonscrite à des arguments défensifs, entre rigueur et rationalité de la médecine classique d’une part, obscurantisme et tentations charlatanesques d’autre part. ou, à rebours, entre respect de l’homme global et des principes fondamentaux de la nature d’un côté, science dévoyée et mutilante de l’autre. Bref, il ne s’agit plus de désigner avant tout le bien et le mal, le vrai et le faux, mais d’analyser les ressorts d’une situation complexe. Car la division de l’univers de la santé en deux camps stéréotypés, celui des durs et des doux, des sages et des farfelus, des yogis et des commissaires, finissait par évacuer plus de questions sur le sens profond de la fonction thérapeutique qu’elle n’en mettait en lumière.

Dans l’entrecroisement des textes réunis ici, s’amorce un débat pluridisciplinaire serein. Prenant appui sur les constats sociologiques les plus évidents –en particulier l’indéniable attrait que les pratiques thérapeutiques semi ou non officielles exercent auprès d’une partie importante et très vraisemblablement croissante du public- , ce débat invite à refaire le point sur une série de notions qui interpellent aussi bien les praticiens et les bénéficiaires de la médecine classique que ceux qui ont choisi d’autres voies thérapeutiques.

Pensons entre autres à la notion d’ « efficacité symbolique » du thérapeute, au rôle du placebo, aux développements multiformes de la valeur « santé » dans nos sociétés, au concept d’efficacité et à ses modes d’évaluation, etc. Il oblige ainsi à quitter le halo des généralités et des discussions de principe pour pénétrer le cœur-même de la relation soignant-soigné, replacée dans le champ de forces de son contexte historique, social,économique, culturel…