Les anciens en parlent…

Session 2006

Jean Pierre MUGIRANEZA

Je commence par un bonjour venu du Rwanda!!! Personnellement je remercie l’équipe entière pour son accueil ainsi que son enthousiasme envers tous les participants. L’organisation de cette formation était irréprochable. Les intervenants étaient bien choisis et cela à renforcer mes connaissances.

Chantal BILLIOTTE

Merci aussi à tous pour leur convivialité.

Pauline MANADER

Semaine inoubliable, de rencontres, ouverture d’esprit, convivialité, réflexion sur soi et sur le monde… MERCI aux organisateurs, intervenants et participants !

Evelyne OLLIVIER

Je voulais vous remercier pour votre accueil chaleureux durant cette semaine deformation. Je garderai un excellent souvenir de cette semaine parmi vous.

Amélie HUSSON

Je vous remercie pour votre accueil et votre sympathie, se fut une semaine très agréable et très enrichissante.Encore merci pour votre aide.

Julie SIMON

Je remercie toute l’équipe pour son accueil, sa gentillesse et son professionnalisme. Cette semaine passée à Metz à vraiment été magnifique à tout point de vue (même si en tant qu’étudiante en anthropologie je n’ai pas tout compris ….). Le retour à la « réalité » a été un peu difficile, mais je suis rentrée bien motivée et heureuse de l’expérience vécue et des personnes rencontrées.
Encore merci pour tout. Passez bien le bonjour à toute l’équipe.

Hery Lisy ANDRIANASETRA

C’est à nous de vous remercier pour l’accueil que vous nous avez offert ainsi que pour la formation qui était très bien organisée et qui nous a apporté beaucoup de connaissances personnelles.

Célestin PONGOMBO

Je voudrais remercier chacun de vous pour les beaux moments que nous avons passés ensemble.

Dominique SCHULTZ

Je suis heureux d’avoir pu partager ces grands moments avec vous tous lors de cette formation

Placide SEKONE

Je tiens à remercier tous les formateurs, la direction de la Société Française d’Ethnopharmacologie ainsi que les personnes qui ont rendu très agréable notre séjour à Metz.Le cloître dans lequel nous avons assisté à la formation était magnifique.Je tiens également à vous faire part de ma reconnaissance pour la réussite de cette session de formation.

Tiphaine CANONNE

La formation a répondu à toutes mes questions, et j’ai rencontré des personnes que j’ai beaucoup appréciées !
Merci beaucoup à toute l’équipe de la Société Française d’Ethnopharmacologie

Marielle ALLA

J’ai été enchanté par cette formation et très agréablement surprise par la qualité de tous les intervenants.L’accueil était très chaleureux, les repas pris en commun avec les intervenants ont renforcé les liens et ont ouvert bien des dialogues.

J’ai apprécié la diversité des horizons de tous les intervenants. Toutes les journées ont été riches.Le lieu choisi pour cette formation était magnifique.

La semaine de formation d’ethnopharmacologie de septembre 2004 a été pour moi très riche d’enseignements et de rencontres. Une équipe très accueillante et dynamique a permis à un public de formation, d’activité et de nationalité variées d’aborder des disciplines allant de l’anthropologie à la pharmacologie, dont la complémentarité a été illustrée par des exemples d’actions menées sur le terrain.
Des notions d’éthique ou de développement sont des exemples de questions ayant fait l’objet de riches discussions, à la lumière des expériences et des cultures des intervenants et des participants. Cette formation (courte mais dense) donne envie d’en apprendre plus … et de partir en voyage, avec, ou à la rencontre, d’autres ethnopharmacologues en herbe !

Promo 2004

Anne-Lise Prost, chercheur-assistante, Université de Genève

C’est une formation très intéressante en ce qui concerne d’une part le contenu des conférences dispensées par des professionnels exerçant dans des domaines variés de la recherche ethnopharmacologique et des plantes médicinales, et d’autre part, cette semaine à Metz permet de rencontrer des participants issus de disciplines différentes, motivés par la recherche ethnopharmacologique et la valorisation des connaissances acquises.
Enfin, Metz est aussi une ville à découvrir !

Julien FIOT, pharmacien à Marseille (promo 2004)

Pour ma part, cette semaine de formation était très enrichissante et très intéressante avec un accueil chaleureux et une équipe très aimable et sympathique. J’en garde un très bon souvenir.

La seule petite remarque que je pourrais faire c’est qu’une semaine, même si le programme était très dense, reste insuffisante pour étancher toute notre soif en initiation à l’ethnopharmacologie. Ca aurait été peut-être mieux sur une dizaine de jours ou deux semaines.

Souad Koraichi, Paris (promo 2004)

La formation du mois de septembre dernier était très enrichissante à tous les niveaux. En fait, elle m’a permis d’améliorer et approfondir mes connaissances sur l’ethnopharmacologie, cette nouvelle science (bien qu’elle soit fort ancienne) que j’ai d’ailleurs découverte sur internet à travers l’article de Messieurs DOS SANTOS et FLEURENTIN.

En outre, j’ai bien aimé la diversité des profils des participants et ceci confirme bien la multidisciplinarité de l’ethno. qui implique la contribution de chercheurs de différentes spécialités.
Ceci a permis bien sûr, surtout lors des discussions, un échange fécond d’idées et d’expériences.

Sans oublier aussi la richesse de la documentation que j’ai pu obtenir ou consultée et qui m’a aidée puissamment à rédiger le mémoire et la thèse de doctorat que je suis en train de préparer.

Imtinène Ben Hadj Jilani, Tunis (promo 2004)

Je me suis inscrite à la formation d’ethnopharmacologie car je souhaitais participer à une mission scientifique dans le Pacifique, dans le but de mener des enquêtes ethnobotaniques pour le domaine de la cosmétique.

Mes attentes étaient les suivantes :

  •  obtenir des outils pour mener des enquêtes ethnobotaniques,
  •  obtenir des informations sur les problèmes d’éthique, de brevetabilité du vivant et de la bio-piraterie.

 

Le premier jour m’a déstabilisée quand je me suis rendue compte que tout le monde avait des préoccupations beaucoup plus sérieuses, c’est à dire dans le domaine de la santé.
Mais très rapidement, les craintes de ne pas être à ma place se sont effacées et certains intervenants m’ont justement :

  • apporté les outils dont j’avais besoin pour pouvoir mener des enquêtes ethnobotaniques (Jean Pierre Nicolas des Jardins du Monde),
  • répondu à mes préoccupations sur le thème de la brevetabilité et de la bio-piraterie (Catherine Aubertin de l’IRD).

 

L’équipe administrative est d’une gentillesse et d’une disponibilité incroyables : merci à Pierrette et à Judith.

L’équipe pédagogique, sous la responsabilité de Jacques Fleurentin et de Jean Pierre Nicolas, a également été formidable dans son contenu scientifique avec la remarquable intervention de Rokia Sanogo, haute en couleur et en engagement.

La présence de Jean Marie Pelt a été pour moi très émouvante car c’est grâce à ses formidables émissions sur « l’Aventure des plantes » que j’ai découvert mon intérêt pour les plantes vers l’âge de 10 ans.

Cette formation a vraiment répondu à mes attentes. Elle a été mon support pour réaliser ma candidature pour le projet Exploration Pacifique : celle-ci est apparemment en bonne voie.
Un grand merci à toute l’équipe : bravo pour votre travail !!!!

Nancy Condamine, Berlin (Allemagne)

 

Compte-rendu du Module 2 de la formation en « Ethnopharmacologie appliquée. Plantes médicinales et pharmacopées traditionnelles »

Estelle Coquillette, EMEA – Estelle.Coquillette@emea.eu.int

Du 22 au 26 septembre 2003, une quinzaine de personnes en provenance de 6 pays participa au module 2 de la formation en ethnopharmacologie appliquée proposée par la Sociétés Française d’ethnopharmacologie.
Les thèmes majeurs de ce module « Développement durable, éthiques et réglementation, bonnes pratiques en ethnopharmacologie » furent abordés par des intervenants issus d’horizons variés. L’organisation de cette formation fit l’objet d’une évaluation par les participants, dont il ressortit que l’accueil et l’assistance sympathiques du secrétariat de la SFE vinrent agrémenter une semaine riche en échanges humains et scientifiques, même si l’absence de certains intervenants lors des débats fut regrettée.

Chaque participant retiendra des nombreuses présentations des éléments différents, selon le niveau de connaissances préalables sur le sujet et la qualité du matériel pédagogique fournis par l’intervenant. Le vaste programme de ce module 2 est présenté ci-dessous, ainsi que les idées majeures de chaque session, telles que je les ai perçues.

Réglementation

La réglementation fut abordée par 3 intervenants.
Robert Anton fit bénéficier les participants de son expérience en matière d’évaluation des plantes médicinales et aromatiques dans les 3 environnements que sont :
• Le cadre réglementaire pharmaceutique
• Le domaine de la cosmétologie
• Le domaine des compléments alimentaires.
De plus, au titre de sa participation en tant qu’expert dans divers comités ou commissions scientifiques non seulement au niveau français mais aussi au plan européen, le Prof. Anton est au faîte des derniers développements dans ces domaines à l’échelle européenne. La majorité de son intervention fut cependant consacrée à la situation française, et l’on pourrait regretter que plus de temps ne lui ait été accordé pour développer la dimension européenne grandissante qui affecte la réglementation des plantes médicinales et aromatiques.
Le caractère majeur de la dose utilisée, les nouvelles allégations dans le domaine des compléments alimentaires, la nécessité d’avoir toujours à l’esprit la garantie de l’innocuité, le respect de la forme gálenique traditionnelle lors du recours à l’usage médical traditionnel d’une plante furent soulignés. Il partagea enfin la réflexion menée actuellement en France en faveur d’une ouverture du monopole pharmaceutique en ce qui concerne les plantes médicinales.

Le cadre réglementaire pour la mise sur le marché de plantes médicinales et de phytomédicaments aux USA et dans 3 pays d’Amérique latine (Brésil, Colombie et Mexique) furent présentés par Bernard Weniger. La situation réglementaire des plantes médicinales est très hétérogène selon les pays et des informations très générales peuvent être puisées dans la publication de l’OMS « Réglementation des médicaments à base de plantes – La situation dans le monde ». Il faut cependant noter que cette publication date de 1998 et que la situation réglementaire peut évoluer très rapidement dans un pays. Une référence aux derniers textes législatifs en vigueur dans le pays étudié est indispensable.

Les nombreuses contraintes imposées aux PME par le cadre réglementaire français et européen applicable aux médicaments furent soulignées par Jean-Yves Saffroy des Laboratoires Lehning. La réalité industrielle permet de mettre utilement en perspective les exigences des autorités réglementaires. Le Dr Saffroy déplora le manque de flexibilité parfois des autorités et la multiplication des exigences réglementaires qui sont un frein à la recherche. Il illustra les effets négatifs de certains textes réglementaires, comme la disparition de certaines formules traditionnelles ou les investissements coûteux en équipements. Il fut interrogé sur les projets des Laboratoires Lehning en matière de recherche dans les pays du Sud pour la mise à disposition de médicaments traditionnels améliorés. À l’issue du débat, il fut reconnu combien il est difficile de concilier les enjeux très différents des universitaires, des agences réglementaires, les laboratoires et les attentes des patients et des médecins.

Pharmacopées

Après une présentation générale par Jacques Fleurentin sur la nécessité pour les autorités nationales d’établir un cadre réglementaire dans les pays où des efforts sont développés pour mettre en valeur l’usage médical traditionnel des plantes médicinales (stratégie pour la mise en place d’une pharmacopée nationale), Bernard Weniger rappela les différents types de monographies existantes (monographies analytiques, thérapeutiques, mixtes, monographies de terrain et monographies de sécurité d’emploi). La présentation des éléments distinctifs pour chaque catégorie (format, contenu, valeur réglementaire, mise à jour…) fut très utile, car les questions soulevées par les participants illustrèrent la confusion facile entre toutes ces monographies.
Une présentation plus approfondie des monographies analytiques de la Pharmacopée Européenne fut l’occasion de renouer contact avec la réalité physique des plantes à travers la gamme de tests et examens dont elles font l’objet. Histoire de se souvenir combien une maîtrise des vastes connaissances de pharmacognosie est indispensable à qui veut faire usage de ces monographies analytiques.
Les monographies de la Pharmacopée caribéenne élaborées dans le cadre du projet TRAMIL constituent un exemple réussi de préparation, publication et reconnaissance de monographies de terrain.

Une présentation de la médicine traditionnelle chinoise, avec projection de diapositives, offrit un bref aperçu des concepts et théories qui gouvernent l’usage des plantes en Chine, et la bibliographie fournie permet de remonter aux ouvrages, où il sera utile de se plonger à quiconque souhaite acquérir ou renforcer des connaissances sur ce vaste sujet.

Deux exemples concrets sur les pharmacopées traditionnelles en Afrique furent également exposés.
L’expérience remarquable du Mali en matière d’intégration de la médicine traditionnelle dans le système de santé fut présentée par la tout aussi remarquable Rokia Sanogo. La philosophie ayant conduit à la fabrication de 7 médicaments traditionnels améliorés (MTA), les difficultés rencontrées dans la conduite du projet et les résultats positifs obtenus après plus de 10 ans furent expliqués ainsi que les enjeux politiques, économiques et humains de l’intégration des savoirs ancestraux concernant l’usage thérapeutique des plantes médicinales.

L’expérience « de l’intérieur » telle que relatée pour le Mali est à mettre en relation avec celle de Jean-Louis Pousset, auteur de 2 ouvrages qui recensent les emplois de plantes fréquemment utilisées en Afrique sahélienne. Sa présentation sur les pharmacopées traditionnelles en Afrique et sur le développement des médicaments traditionnels améliorés vint compléter celle du Dr Sanogo. Le Dr Pousset détailla quelques exemples concrets de mise sur le marché de MTA :
• Sur l’initiative d’un institut de médecine traditionnelle
• Sur l’initiative d’une organisation non gouvernementale (ONG)
• Sur l’initiative d’un laboratoire privé.

L’expérience acquise par le Dr Pousset est source d’espoir de voir s’accroître en Afrique le développement et la fabricationde médicaments traditionnels améliorés à base de plantes africaines à destination de la population locale, et ultérieurement de voir les plantes des pays africains absorbées par l’Europe en vue d’un développement de la phytothérapie.

Retour vers le terrain

Jean-Pierre Nicolas fit une présentation sur la valorisation de l’usage des plantes médicinales dans les soins de santé primaires et les soins vétérinaires auprès de populations rurales, à travers les expériences acquises au sein de l’Association « Jardins du Monde ». Cette association a pour objectifs d’étudier les pharmacopées traditionnelles et de partager les données scientifiques recueillies pour un véritable retour vers le terrain auprès des populations. Ainsi, la mise en place de jardins botaniques et de pharmacies communautaires et la formation d’agents de santé (souvent en partenariat avec des ONG et des organisations paysannes locales) s’intègrent dans une stratégie de développement durable. Des diapositives sur les actions menées au Honduras, au Guatemala, à Madagascar, etc.. et des anecdotes relatives au travail sur le terrain transportèrent les participants sur place.

Programmes européens d’aide humanitaire

Deux des phases de tout projet d’ethnopharmacologie requièrent en effet un travail sur le terrain. Le travail de recensement des savoirs thérapeutiques et des remèdes en premier lieu et le travail de retour sur le terrain en phase finale, à travers des actions de développement, ont lieu dans le pays concerné. Le travail d’évaluation pharmacologique, toxicologique et chimique est effectué en laboratoire, dans le pays même si les structures le permettent ou ailleurs. Dans tous les cas, les financements sont un des facteurs de succès du projet. Marie-Hélène Weber, des Laboratoires Pierre Fabre, présenta les programmes de financement européens de projets humanitaires :
– TACIS pour les Nouveaux Etats Indépendants (NEI) de l’Europe de l’Est et de l’Asie centrale
– CARDS pour les pays des Balkans
– MEDA pour le sud et l’est de la Méditerranée et le Moyen-Orient
– FED pour la région Afrique/Caraïbes/Pacifique
– ALA pour l’Asie et l’Amérique latine
– PHARE pour les pays de l’Europe centrale et orientale.

Éthique et développement

Le reste des présentations se rapporte, sous des angles différents aux questions d’éthique et de développement durable.
Jean-François Clément, philosophe, aborda le complexe problème des questionnements juridiques et moraux en relation avec l’usage des plantes et des savoirs s’y rattachant. Les aspects suivants furent développés qui doivent être appréhendés lors de tout essai de prise de position sur le sujet et qui concernent les valeurs morales dominantes prônées par l’homme, dont certaines sont en conflit entre elles :
– La recherche de la paix entre les peuples
– La poursuite de la justice
– Le concept de propriété privée, bioprospection et biopiraterie
– Les lois du progrès et le désir de l’homme de conduire le progrès toujours plus loin
– Le respect du vivant et du créateur
– Le respect des plantes en tant qu’êtres vivants pensants
– La sécurité alimentaire et sanitaire des générations à venir
– Le partage universel des savoir sur les plantes.

[Lors de la discussion sur cette présentation, d’autres éléments de réflexion furent débattus, comme l’aculturation progressive de certaines populations qui monnaient leurs savoirs sur les plantes, la défense inconsciente des valeurs de la propriété individuelle derrière les revendications de certaines ethnies pour la protection des plantes autochtones de leur région, la pauvreté des textes réglementaires internationaux en terme de réflexion sur ce que représente une plante, les préjugés inconscients des scientifiques sous l’influence des valeurs judéo-chrétiennes, les révolutions régulières qui affectent le domaine des sciences et enfin la très certaine conservation dans les bibliothèques des sociétés savantes des pays occidentaux de très nombreux savoirs traditionnels ayant fait l’objet d’un recensement dès l’époque de la Grèce antique.]

Paul Goetz fit une synthèse des rapports éthiques entre les acteurs de l’expérimentation clinique (médecin expérimentateur, personne participant à l’expérimentation, promoteur de l’expérimentation et autorités de tutelle). Le Dr Goetz fit part de son expérience personnelle relative à l’expérimentation clinique, attira l’attention des participants sur les textes en vigueur en France, en Europe et au niveau mondial et sur les spécificités des médicaments à base de plantes.

La présentation de Christian Moretti sur la valorisation durable des produits de la forêt amazonienne fut l’occasion d’aborder le très intéressant problème des enjeux existants autour du partage équitable des ressources. Il insista dans un premier temps sur la nécessité de distinguer 3 aspects, imbriqués mais parfois insuffisamment dissociés lors des débats internationaux :
– Les règles d’accès aux ressources
– Les modalités du partage des bénéfices attendus de l’exploitation de ces ressources
– Les divers modes de protection de la propriété intellectuelle.

Il rappela les objectifs de la Convention sur la biodiversité, la nature des Parties concernées et les éléments clés participant au succès des négociations entre les Parties.
Il souligna enfin la complexité de la dynamique régissant les relations entre tous les acteurs dans ce domaine (communautés et populations locales, industriels, semenciers, états, chercheurs et scientifiques).
Les participants illustrèrent le débat d’exemples concrets relatifs aux attentes des tradipraticiens en matière de brevetabilité de leurs savoirs et des retombées économiques potentielles de l’utilisation des ressources naturelles dans leur pays.
Le Dr Moretti souligna l’asymétrie généralement insolvable des négociations entre une population locale et une firme pharmaceutique multinationale, et évoqua entres autres, l’exemple réussi, grâce à la présence d’un organisme médiateur mandaté par le gouvernement d’Afrique du Sud, des accords conclus entre les Laboratoires Pfizer et la communauté San, pour développer un réducteur d’appétit à partir de la plante Hoodia utilisée par les bergers San pour réduire la faim et la soif.

Dans son intervention sur la médecine tibétaine au Ladakh, Laurent Pordié développa l’approche conceptuelle qui devrait gouverner tout projet de développement, c’est-à-dire le cheminement idéal de la pensée d’un agent de développement. Une attention particulière devrait ainsi être apportée aux aspects suivants :
– Éviter un effet déstructurant du projet sur l’environnement
– Éviter que les effets collatéraux de l’activité ne soient issus de la culture exportatrice
– Privilégier un partenariat avec les structures locales
– Assurer une autonomie des activités et un effet pérenne.

Un projet de développement durable ne devrait pas axer son action essentiellement sur le transfert d’une technologie (ce qui est souvent le cas) ni mesurer son action sur des seuls critères d’évaluation quantitatifs. Tout développement doit en effet prendre en compte les modalités d’organisation sociale et la complexité des logiques sociales, qui se révèlent primordiales dans le domaine de la santé. Le Dr Pordié parla également des mouvements contemporains de l’après développement, nés du constat de l’échec de certains programmes de développement.

La formation fut marquée par deux réceptions (à la Mairie de Metz et au Cloître des Récollets), qui offrirent aux participants l’opportunité de prolonger en soirée les échanges de la journée, et les confrontations culturelles diverses furent souvent marquées par des manifestations de joie.
L’intervention du Professeur Jean-Marie Pelt porta sur les nouveaux remèdes naturels et constitua un aperçu du contenu de son livre du même nom.

Une visite des Laboratoires Lehning vint clôturer cette semaine, avec une (re)découverte du monde pharmaceutique industriel, venant illustrer certains des aspects abordés de façon théorique en cours de formation.

Compte rendu de la promotion « Ayahuasca » (promo 1999)

Guy Lesoeurs

Venus du monde entier de l’Equateur au Congo en passant par les Pays-Bas et la France, 35 médecins, anthropologues, botanistes, pharmaciens, vétérinaires, biologistes, ingénieurs agronomes, chercheurs, enseignants etc. ont suivi la formation d’Ethnopharmacologie Appliquée de la S.F.E aux Récollets, à Metz en septembre 1999. Nous avons baptisé notre promotion  » Ayahuasca  » du nom de la liane divinatoire (Banisteria Caapi) qui permet au chaman amazonien de communiquer avec les esprits de la nature. C’est aussi un hommage à José Gualinga, un des participants venu d’Equateur, qui fait connaître et respecter l’écologie du bassin amazonien, gravement mise en péril par les exploitations minières, pétrolières et forestières et l’acculturation accélérée des populations. Ce séminaire apporte les méthodes d’études de terrain pour mieux recenser les savoirs sur les médecines traditionnelles, des méthodes d’évaluation pharmacologique des plantes médicinales utilisées dans les pharmacopées vernaculaires afin de préparer des médicaments à base de plantes, d’organiser la culture et l’utilisation des plantes médicinales.Organisée chaque année, la formation comprend des cours et des conférences thématiques ainsi qu’un mémoire en rapport avec l’ethnopharmacologie. Ce séminaire dirigé par J. Fleurentin et coordonné par J. P. Nicolas comprenait dans sa faculté des anthropologues de terrain, des médecins, des ethnobotanistes, des pharmaciens, des enseignants et des chercheurs universitaires ou privés. Le Pr J. M. Pelt clôtura par une conférence magistrale dans tous les sens du terme. Ayahuasca s’est déroulée dans un climat chaleureux d’échanges interculturels passionnants.