François Mortier (1938 – 2012)

François Mortier est entré dans mon laboratoire en 1964, année où il venait d’être diplômé pharmacien. Il apporta à notre équipe ses qualités qui furent les siennes toute sa vie durant et qui caractérisaient son attachante personnalité : une exquise aménité, un esprit vif et perspicace, une évidente aptitude à la recherche, un esprit d’équipe toujours prêt à répondre aux questions des thésards et surtout une intelligence vive, comme elle se révéla bien vite dans les recherches qu’il mena sur les propriétés cholagogues, cholérétiques, diurétiques et hépatoprotectrices des feuilles d’artichaut et d’un bon nombre de plantes de la famille des composées pour lesquelles il fut le premier à mettre en évidence les propriétés des acides alcools de ces plantes et en particulier de l’un deux : l’acide hydroxyméthylacrylique (HMA).

Avec Jacques Fleurentin et Chafique Younos, François fut un pilier de mon laboratoire, aussi bien à la Faculté de Nancy que plus tard à Metz, à l’Institut Européen d’Ecologie. J’aimais beaucoup m’entretenir avec lui de questions scientifiques touchant à ses recherches mais aussi plus largement des problèmes concernant l’évolution de la pharmacie, voire bien évidemment à l’évolution de la société elle-même. C’est ainsi que François devint pour moi un ami très cher dont la disparition prématurée m’affecte.

Il lutta avec courage contre la maladie qui le minait, avec l’aide de Christine, son épouse, et de ses amis, ce qui ne l’empêchait pas de participer aux activités de la Société Française d’Ethnopharmacologie, présidée par Jacques Fleurentin dont on peut dire que François fût un des fondateurs et des experts réputés. Pourtant c’était une personne discrète : point d’égo envahissant, point d’autosatisfaction mais toujours de l’humilité, de la simplicité, de la douceur et surtout une grande gentillesse, toujours prêt à rendre service, le cœur sur la main. Les étudiants l’adoraient tant étaient grandes ses qualités pédagogiques.

Mon cher François, d’où tu es aujourd’hui sache que nous restons en communion avec toi, et que toute notre équipe si fraternelle, si soudée, si amicale, t’aimait et t’aimera toujours beaucoup.

Jean-Marie Pelt

 

Diplômé en 1964, François Mortier a débuté sa carrière d’enseignant à la Faculté de Nancy. Maître-assistant en 1972, il soutient la même année sa thèse de Doctorat d’Etat. Chargé d’enseignement en Matières Médicales en 1973, puis Maître de Conférences agrégé en Pharmacognosie en 1975 il intègre le corps des Professeurs des Universités en 1980 jusqu’à sa retraite en 2004.

Il a donné de nombreuses conférences et dirigé des thèses d’université. Très sollicité des étudiants, pour sa personnalité qu’ils appréciaient beaucoup mais aussi pour sa discipline très prisée, il a dirigé de nombreuses thèses d’exercice.

Par ailleurs, il n’a pas hésité à s’engager dans des activités à responsabilité,

  • à l’Ordre des Pharmaciens de Lorraine comme membre de notre Conseil,
  • à la Faculté comme Président de la Commission des stages officinaux,
  • au Ministère de la Santé comme membre de la Commission Nationale de la Pharmacopée et rapporteur auprès de la Commission des Autorisations de Mise sur le Marché des Médicaments.

Il était membre depuis 2002 de l’Académie Lorraine des Sciences. Son engagement le plus récent a été à la Société Lorraine de Mycologie dont il a assumé la présidence depuis 2006 et dont il a eu la joie d’organiser et de fêter le centenaire l’an passé.

Il était un des membres fondateurs de la SFE, créée en 1986, pour rassembler dans une même association des compétences complémentaires associant les sciences de la vie aux sciences humaines (pharmaciens, ethnologues, historiens, médecins, scientifiques…).

Il a été l’ami et le partenaire enthousiaste de toutes les aventures scientifiques au sein de notre association : les réflexions menées sur la discipline, l’élaborations de méthodologies, la création de la société européenne d’ethnopharmacologie, l’organisation des premiers congrès internationaux (Metz 1990, Martinique 1989, Heidelberg 1993, Rabat 1994, Gênes 1996, Metz 2000, Valencia 2003, Leipzig 2007).

Il a également suivi et co-encadré avec moi-même toutes les recherches en pharmacologie et en phytochimie menées à l’université de Metz (9 thèses en recherche expérimentale, 18 publications internationales).

Il a marqué tous ses amis par sa gentillesse, son humour, sa constance et son intelligence dans le travail.

Il reste dans nos cœurs et nous partageons avec son épouse et sa famille la tristesse d’un départ prématuré.

Jacques Fleurentin